Jean Gessalin : CG, 50 ans après

GESSALIN-JEANDe courte durée – de 1966 à 1974 – l’aventure des automobiles CG (Chappe et Gessalin ) n’en a pas moins laissé un souvenir indélébile. Poursuivant la célébration des cinquante ans de la marque après l’interview de Bernard Fiorentino, son pilote emblématique (voir EC n°63), nous avons rencontré Jean Gessalin, auteur du dessin des CG et fervent partisan de l’implication en compétition des sportives de Brie-Comte-Robert.
Propos recueillis par William Pac – Photos Archives Jean Gessalin/Amicale CG

Echappement Classic : On vous présente généralement comme le G de CG, mais vous êtes aussi en partie le C…
Jean Gessalin : Oui, car je suis le fils de Marie-Louise Chappe (l’aînée des enfants Chappe, Ndlr) et d’Amédée Gessalin. Je suis donc un peu des deux…

Votre père, Amédée Gessalin, débute comme apprenti auprès des fils de Jean Chappe – Abel, Albert et Louis – à l’époque où la famille Chappe exploite une forge en Auvergne, après la Première Guerre mondiale. Installée à partir de 1930 en région parisienne, à Saint-Maur-des-Fossés, l’entreprise se spécialise dans la réparation et la carrosserie automobile. C’est dans ce contexte que vous venez au monde, en 1933…
J’ai baigné effectivement dans l’ambiance de l’atelier de carrosserie de Saint-Maur-des-Fossés. Celui-ci avait alors des accords avec Delahaye pour construire des camions de pompiers, et honorait également des commandes pour des commerçants de Saint-Maur. Il faut également préciser que nous travaillions encore sur des voitures attelées : une autre époque ! De fait, attiré très tôt par l’automobile, j’ai commencé mon apprentissage à treize ans et demi. Après mon CAP de carrosserie, je suis resté dans l’entreprise. Mon père avait une très bonne connaissance du dessin et du plan, qu’il m’a transmise. Je suis allé ensuite aux cours du soir de la chambre syndicale. Le style me plaisait, même si on n’en parlait pas encore à l’époque. J’admirais la maîtrise des grands carrossiers parisiens, comme Chapron ou Figoni, qui donnaient des cours.

Comment s’est déroulé le « passage à l’acte » ?
Tout cela a débouché sur le petit coach, en 1955. Mon « chouchou », mon préféré, qui a conditionné la suite. C’était entièrement mon coup de crayon, sur la base d’une 4 CV désossée. En tant que motard, j’étais attiré par tout ce qui était léger. J’avais un copain qui possédait une Dyna Panhard et je trouvais ça fabuleux. On ne pouvait pas faire plus simple, et cela a orienté mes choix. Quand la famille a commencé à travailler le polyester, cela a comblé mes espérances. C’est en revenant du service militaire que j’ai découvert la voiture construite par ma famille…

Cette voiture est ensuite devenue l’Alpine A106. De quelle manière ?
C’est Charles Escoffier (concessionnaire Renault à Paris, Ndlr) qui a créé le contact avec Jean Rédélé, son gendre. Il a vu l’auto et a été conquis. Il a alors passé commande de 25 voitures à mes oncles. Sous la pression de Charles Escoffier, Jean Rédélé a adopté le modèle sous la marque Alpine. Cela a été longtemps mon traumatisme. J’avais l’impression que l’on m’avait enlevé ma création. Cela dit, je me suis très bien entendu avec Jean Rédélé par la suite. Il m’a même proposé de travailler à Dieppe. Je l’admirais beaucoup, il avait un contact incroyable avec les gens.

Quelle était alors la part de la compétition dans vos activités ?
Je me régalais à titre personnel en améliorant mon coach avec des pièces Autobleu ou Ferry, mais notre activité était avant tout la carrosserie. Mon rêve était d’engager une voiture en compétition, ce qui viendra plus tard avec CG, mais pour le moment, nous étions juste sous-traitants. Cela nous a amenés à réaliser des carrosseries pour CD et René Bonnet, avec le Djet. C’est à ce moment qu’un cinquième homme est venu se greffer : Bernard Boyer, qui avait le même âge que moi. J’avais quelqu’un avec qui parler et cela s’est poursuivi avec les années…

On doit beaucoup des réalisations de l’époque à la carrosserie Chappe frères et Gessalin. Pouvez-vous nous en parler ?
Nous avons réalisé un proto de cabriolet jamais construit par Alpine, mais surtout la 2+2 et la GT4 pour la marque. Il y a également eu la 2 CV Umap, un cabriolet Simca, les CD du Mans 1962 et le René Bonnet Djet que j’aimais beaucoup. Cela se déroulait à un rythme fou.

Comment la carrosserie Chappe Frères et Gessalin est-elle passée au rang de constructeur ?
Avec notre activité de sous-traitant, l’atelier s’était étoffé – nous sommes allés jusqu’à 40 personnes ! – et nous nous sentions prêts. Tout le monde était partant et c’est ainsi que nous avons décidé de sortir notre premier modèle. Comme toutes les mécaniques un peu performantes étaient prises, nous nous sommes tournés vers Simca. […]

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