Alain Ferté : « Je me sens bien partout »

Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

Alors qu’il vient de fêter ses 62 ans, Alain Ferté reste plus actif que jamais sur les circuits de France et de Navarre, que ce soit au volant d’une Porsche Cayman GT4 ou d’une Norma CN. Mais c’est surtout sa première carrière qui nous intéresse, celle qui le porta aux portes de la F1 et au pied d’un podium manceau qui s’est toujours refusé à lui.

Propos recueillis par François Hurel

Echappement Classic : Quels souvenirs gardez-vous de vos premiers contacts avec la course ?

Alain Ferté : Mon père nous emmenait tous les ans à Rouen-les Essarts, dès l’âge de 5, 6 ans. J’y ai vu Clark, Rindt, Hill et compagnie courir en F1. On allait aussi aux essais des 24 Heures du Mans. Puis mon frère Michel (voir EC n°74) a eu son premier kart, pour s’amuser. J’ai voulu en acheter un aussi, à un copain. Quand je l’ai essayé sur la petite piste tracée sur l’aérodrome près de chez nous, l’accélérateur s’est bloqué. J’ai décollé sur un tas de goudron et après un vol plané de plus de 20 mètres, je suis parti en tonneau. Bilan : fracture du crâne et un mois couché. Ensuite, on a acheté un autre kart, avec lequel j’ai effectué mes premiers tours de roues sous la pluie. Je faisais tellement de tête-à-queue que mon père m’a menacé de ne plus me pousser tellement il en avait marre. A partir de là, j’ai cessé de faire des tête-à-queue ! J’ai couru en kart pendant quatre saisons, je suis devenu champion de Normandie et j’ai disputé deux fois le championnat d’Europe Junior, face à Jean-Claude Perrin, Patrick Terreaux et Alain Prost, Mes parents mettaient tout leur argent dans la course, mais j’ai également travaillé très tôt pour payer « mes études de kart ».

Quand êtes-vous passé à l’automobile ?

J’ai acheté une Simca 1000 Rallye 2 d’occasion pour disputer des courses de côte. Elle avait couru en SRT et marchait très bien, mais je chamboulais les gens qui étaient en place. J’ai également disputé le Côte Fleurie avec Michel comme copilote. Dans le même temps, mon père était devenu le mécanicien du Volant Elf Jean-Claude Perrin. Nous sommes allés le voir le 1er mai à Magny-Cours et Il nous a suggéré de disputer également un Volant. Et j’ai gagné le Volant Elf à Magny-Cours, en 1977 (Michel échouant en demi-finale du Volant ACO, Ndlr). Je n’étais pourtant pas attiré par les monoplaces, que je ne trouvais pas belles. Je préférais les barquettes 2 litres.

Comment s’est passée votre première saison de Formule Renault, en 1978 ?

Le niveau était très élevé car beaucoup de pilotes redescendaient de la Formule Renault Europe. J’ai signé la pole position à Magny-Cours mais en course, alors que je surveillais Alain Hubert dans mes rétros, j’ai mis une roue dans une petite ornière en passant trop large et je suis parti en tête-à-queue. Elf ne m’a pas gardé en fin de saison, sans que je sache vraiment pourquoi. Il fallait qu’ils aident Alain Prost, je pense…

Vous-êtes alors passé sous les couleurs BP ?

J’avais tapé dans l’œil de Marc Cerneau. Ce fut une bonne époque pour moi car j’ai gagné beaucoup de courses. En 1979, j’ai remporté ma première victoire à Magny-Cours et on faisait un et deux en alternance avec mon équipier Joël Gouhier. Je ne sais pas ce qui a fait la différence entre nous. Peut-être le matériel, car mon père s’occupait de moi. On s’entendait très bien et il avait de petites idées sur plein de choses. A la dernière course, Marc Cerneau nous a demandé de terminer ex-æquo, c’était chouette.

Ce titre en FR fut immédiatement suivi d’un autre en F3…

J’étais toujours avec mon père sous les couleurs BP, avec une Martini équipée du moteur Renault. Le niveau du championnat de France n’était pas encore très relevé car il était en phase de reconstruction, mais j’ai également couru en championnat d’Europe car j’étais devenu le pilote de développement de Michelin.

Comment se sont déroulées les deux saisons suivantes en championnat d’Europe ?

En 1981, j’étais toujours pilote BP, mais intégré à l’équipe Oreca avec Alliot et Schlesser, qui étaient Marlboro. Mais la March/Euroracing de Mauro Baldi était plus constante que les Martini. Sauf à Monaco, ce qui m’a permis de gagner. L’empattement court de la Martini devait être un avantage sur ce circuit. En fin de saison, j’étais présent à la finale du Volant Elf, dont Ken Tyrrell était président du jury. J’ai discuté avec lui, mais il demandait beaucoup d’argent et BP ne pouvait pas suivre. Comme ils ne pouvaient pas m’emmener plus haut, je suis passé sous les couleurs Marlboro en 1982, mais je garde un excellent souvenir de Marc Cerneau, qu’on appelait « Le patron ». C’était un Monsieur, qui nous encourageait et vivait la course intensément. (…)

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