Joël Gouhier : Sur la route du Mans

Photo Jean-Luc Taillade/Archives Echappement

Né non loin du Mans, Joël Gouhier y a connu sa plus belle « chaleur » comme son résultat le plus marquant, mais ses vingt ans de carrière ne se limitent pas à ses participations aux 24 Heures. Avant de survivre aux Hunaudières, le pilote de Nogent-le-Rotrou avait brillé en Formule Renault et en Coupe R5 Turbo.

Propos recueillis par François Hurel

Si beaucoup de pilotes ont bénéficié d’un environnement favorable au sport automobile, ce ne fut pas le cas de Joël Gouhier : « J’ai grandi à la campagne, sur la route entre Paris et Le Mans, et rien ne me prédisposait à devenir pilote, sinon que je me suis passionné très tôt pour la mécanique. A 11 ans, je conduisais et quand on me demandait ce que je voudrais faire plus tard, je répondais  »les 24 Heures du Mans. » J’avais dû voir la course à la télé. » Plus tard, Joël assure les livraisons de fioul domestique pour le compte de ses parents, gérants d’une station-service. Il roule en R8 Gordini, mais au fond de sa « cambrousse », personne n’est en mesure de guider ses premiers pas : « J’ai commencé bizarrement (sic) car je ne savais pas comment faire. J’ai donc disputé des courses de côte et des slaloms en Régional et je suis devenu champion de l’ASA du Loiret. » Dans la foulée, il débute en Coupe R12 Gordini : « Je n’y connaissais rien, mais je me suis qualifié en milieu de tableau. Lors de ma première course à Albi, je me suis fait pousser dans les grillages, mais j’ai terminé 13e. Puis Yves Le Strat a commencé à me conseiller. Tous les bons préparateurs étaient complets, mais après mon premier podium à Nogaro, Jacky Haran m’a proposé ses services. J’ai vite appris les ficelles et avec les primes, je me suis inscrit au Volant ACO. Mais le soir même de la finale, je partais pour les finales Renault au Paul Ricard et j’étais surtout focalisé là-dessus. De plus, le Volant a été attribué à un pilote ayant bénéficié d’une piste plus favorable. Aux finales Renault, j’ai été battu par Alain Hubert pour le premier Pas Dunlop (meilleur débutant, Ndlr). »

Dans les pas de Prost

Joël passe à la R5 en 1975 et se retrouve en lutte avec Alain Hubert, pour le titre absolu, mais c’est Jean-Luc Rançon qui tire les marrons du feu. 3e de la Coupe, il quitte sans regrets sa R5 pour débuter en Formule Renault en 1976 : « J’ai beaucoup appris cette année-là car je réglais ma voiture moi-même dans l’atelier de Jacky Haran, sur les conseils de ses mécanos. J’avais un petit budget d’Antar, qui venait d’être racheté par Elf. A Imola, j’ai donc reçu la consigne de laisser passer Alain Prost, dont le moteur avait été saboté. Il m’a doublé à Tosa en passant dans l’herbe, ce qui a tordu sa bavette, obstrué son radiateur et fait surchauffer son moteur. » L’abandon de Prost fait le bonheur de Gouhier, qui conclut sa saison par un premier podium, ce qui lui vaut de conserver l’appui d’Antar pour 1977. Et contre toute attente, il va devenir champion de France avec cinq succès : « Personne ne m’attendait, mais j’ai décroché le titre avec un budget deux fois moindre que celui des pilotes Elf. Après ma première victoire à Lédenon, j’en ai enchaîné trois autres d’affilée. Puis j’ai assuré mon titre à Albi, où j’avais confectionné un capot avant bombé me permettant de monter un aileron plus petit. Il y avait une bonne ambiance entre les pilotes. On ne se prenait pas la tête, mais je m’occupais quand même de mon auto. »

Joël Gouhier en 1979 : une dernière saison en Formule Renault marquée par une deuxième place finale derrière son équipier Alain Ferté. (Photo Jean-Luc Taillade/Archives Echappement)

Ce titre aurait dû propulser Joël vers l’échelon supérieur, mais fin 77, le timing était mal choisi, car la FRE venait de disparaître et la F3 n’était pas encore relancée en France. De plus, Joël était déjà marié et père de deux enfants, et Antar cessait ses activités de sponsoring, laissant son pilote démuni, jusqu’à ce que BP le récupère : « Marc Cerneau est venu me chercher pour servir de locomotive à Philippe Alliot, mais ayant déjà gagné le championnat, j’étais moins motivé. Après avoir mené le début de championnat, j’ai trop vécu sur mes acquis et Alliot m’a rattrapé. Plus tard, j’ai appris par son mécano qu’ils avaient davantage fait évoluer sa voiture en fin de saison. » En 1979, l’histoire se répète avec Alain Ferté, la saison s’achevant sur une victoire ex-æquo à Nogaro, à la demande de Marc Cerneau : « J’avais dominé cette course, mais j’ai attendu Alain pour franchir la ligne avec lui. Il y avait une super entente entre nous, mais je terminais à nouveau 2e du championnat, ce qui n’était pas bon. » (…)

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