Jean Rolland (1935-1967) : Un champion légendaire

Jean Rolland et son Alfa Romeo Giulia TZ lors du Tour de France Automobile 1964, sur le circuit de Reims. (photo Adolphe Conrath)

Jean Rolland et son Alfa Romeo Giulia TZ lors du Tour de France Automobile 1964, sur le circuit de Reims. (photo Adolphe Conrath)

Il y a cinquante ans, lors d’une séance d’essais sur le circuit de Montlhéry, Jean Rolland se tuait au volant d’une Alfa Romeo 33-2. Malgré la brièveté de sa carrière, le pilote dignois est resté légendaire pour son charisme, son talent ainsi que son panache.

Texte Philippe Carles

« Avec son accent chantant, son large sourire et sa bonne humeur, Jean Rolland, dont la gentillesse et la spontanéité avaient un pouvoir magique sur ses interlocuteurs, reste le symbole d’une époque où les professionnels se comptaient sur les doigts d’une main face aux amateurs courant d’abord pour le plaisir. » Ces quelques lignes ont été écrites par Jacques Jaubert dans l’unique livre consacré au pilote disparu. Son sous-titre, « L’amateur champion », résume bien l’état d’esprit de la plupart des grands rallymen : avant que leur passion ne devienne un métier, ils ont d’abord été des amateurs locaux, et ce qui les a poussés à prendre le volant d’une auto de rallye est avant tout l’adrénaline procuré par la conduite sportive. Cela paraît une tautologie, mais pour devenir un « négociant en virages », comme le disait Jean Ragnotti, il faut aimer les sinuosités de la route et le plaisir de les passer le plus vite possible! Petit aparté : qu’est-ce qui motive un François Delecour… qui court toujours, bien après l’apogée de sa carrière officielle, sinon cela ? François Delecour, mais aussi Jean-Claude Andruet sans oublier bien sûr Jean Ragnotti : Jean Rolland fait partie de cette lignée de pilotes « mythiques », possédant une personnalité très affirmée ainsi que des capacités innées pour la conduite en rallye et la compétition.

Mais reprenons le cours de l’histoire à ses débuts. Lorsque Jean Rolland naît en 1935, à Digne, dans une famille de la bourgeoisie locale, « les fées ont accouru autour du berceau et l’ont comblé de dons… », dixit Jaubert. Beau garçon doté d’une carrure d’athlète, possédant un charisme et une gentillesse extrêmes, sans oublier un grand sens de l’humour, il aurait pu réussir dans bien d’autres sports, tout comme dans la politique ou l’économie. Mais c’est la voiture qui l’attire d’emblée. A 12 ans il conduit la Simca 5 que son grand-père lui a gentiment prêté, allant même parfois au lycée à son volant sous les yeux indulgents de la maréchaussée dignoise. A 17 ans, toujours avec le même grand-papa gâteau, il participe, officiellement en tant que coéquipier, à son premier rallye. Mais en fait c’est lui qui prend le volant dans les secteurs sélectifs, et qui regagne le siège de droite avant les contrôles horaires… Et dès qu’il obtient le permis, avec une bande d’amis de Digne il dispute les rallyes de sa région d’abord avec une 203 « gonflée », vite remplacée par une Alfa Romeo Giulietta Sprint Veloce, en abrégé une « SV ». (…)

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