Paul Ricard Groupe 2 (1971-73) : Spécialement vôtre

Paul-Ricard-Groupe-2-1971

Au début des Seventies, le Championnat d’Europe pour Tourismes Spéciales (Groupe 2) était à son apogée. De 1971 à 1973, ces voitures spectaculaires se sont produites sur le Paul Ricard, un cas unique sur les circuits français.

Texte François Hurel – Photo Jeff Lehalle/Archives Echappement

Lancé en 1963, le championnat d’Europe entre dans une nouvelle dimension en 1970 lorsque les Porsche 911 perdent leur homologation, faisant place aux Ford Capri et BMW 2800 CS. Arbitré par les Alfa Romeo GTAM, le duel entre les deux constructeurs allemands va marquer la première moitié de la décennie qui voit aussi le développement du Circuit Paul Ricard. A circuit d’avant-garde, idées nouvelles : les courses de 24 Heures étant de plus en plus décriées, ses dirigeants optent pour une formule inédite. 24 heures, certes, mais pas trop ! L’épreuve se compose en réalité de deux manches de 6 heures entrecoupée d’une « pause » de 12 heures pendant lesquelles les mécaniciens peuvent refaire les voitures à volonté, tandis que le public se distrait en écoutant Nicoletta, Marie Laforêt ou Sacha Distel. La formule attire de nombreux pilotes de notoriété ainsi que l’ORTF, qui retransmet l’épreuve en direct. L’événement est d’autant plus remarquable qu’une caméra est installée dans la Ford Capri confiée par Ford-Angleterre aux deux champions du monde que sont Graham Hill et John Surtees. Il s’agit là d’une grande première et il faudra attendre une quinzaine d’années pour voir l’opération renouvelée en F1. Malgré cette belle promotion, un plateau de rêve et un soleil radieux, l’épreuve programmée les 11 et 12 septembre 1971 attire moins de 10 000 spectateurs, ce qui constitue une immense déception.

Un plateau de rêve
Le spectacle est pourtant à la hauteur avec ces voitures à la puissance plus ou moins bien domestiquée. A l’image de la Chevrolet Camaro de Brian Muir-John Miles, dont le V8 casse dès le départ. Quant à la BMW-Schnitzer confiée à Rauno Aaltonen et Gérard Larrousse, elle doit partir avec dix tours de retard, un arbre de roue n’ayant pas résisté aux 345 ch de son 6 cylindres. La première manche se résume à un duel entre Capri, l’anglaise de Hill-Surtees prenant le meilleur sur l’allemande de Dieter Glemser-
Alex Soler Roig, récents vainqueurs des 24 Heures de Spa. Durant la nuit, c’est la valse des boîtes, des transmissions, des freins, parfois même des moteurs dans le paddock. De quoi révulser les puristes de l’Endurance, mais ce sont des voitures en pleine forme que l’on retrouve au départ de la seconde manche, donné le dimanche à 10 heures.
Cela n’empêchera pas Hill-Surtees d’abandonner, laissant la victoire à une autre Capri, pilotée par Gerry Birrell et Rolf Stommelen. Au cumul, l’équipe Ford-Cologne de Jochen Neerpasch réalise le doublé, Glemser-Soler Roig précédant Birrell-Stommelen. Les vainqueurs ont bouclé 1 753 km à 146 km/h de moyenne. Troisième au général, l’Alfa GTAM des Néerlandais Toine Hezemans-Gijs van Lennep remporte la Division 2 (2000) devant la BMW 2002 Alpina des Allemands Pankl-Basche…

 

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