Jean-Claude Andruet (Monte-Carlo 1973)

Jean-Claude_AndruetDes victoires, il s’en remporte des centaines chaque week-end, mais il en est dont on reparle encore quarante ans plus tard avec des trémolos dans la voix. Celle remportée par Jean-Claude Andruet et «Biche » au Rallye Monte-Carlo 1973 en fait partie.

Propos recueillis par François Hurel – Photos DPPI

Jean-Claude Andruet a intégré la famille Alpine-Renault en 1967, disputant son premier Monte-Carlo sur R8 Gordini, avant de devenir un des fers de lance d’Alpine. Après trois abandons consécutifs sur sortie de route, il sera mis hors-course en 1970, suite à un contrôle raté durant le parcours de concentration. Ce n’est qu’en 1971 qu’il verra enfin l’arrivée, dans des conditions psychologiques peu favorables : «J’étais en pleine déprime et je voulais juste finir au moins une fois le Monte-Carlo avant d’arrêter de courir. J’ai passé quinze jours merveilleux à Antraigues, avec Jean Ferrat et je ne suis même pas allé reconnaître Burzet. Dans cette spéciale, j’étais paralysé, à tel point, que j’ai parcouru 8 km en première ! Ce n’est que quand je me suis fait doubler par la Fiat 124 spider de Lindberg que je me suis réveillé. Au final, je termine quand même 3e du rallye malgré une crevaison. J’ai alors réalisé que je pouvais gagner en cessant de vouloir faire l’impossible à chaque virage, qu’il n’était pas nécessaire de signer tous les scratchs mais qu’il fallait être régulièrement dans les cinq premiers. C’est là que j’ai compris comment gagner le Monte-Carlo»

Pendant longtemps, les multiples activités de Jean-Claude ont nui au développement de sa carrière, jusqu’à ce qu’en 1972, il décide de ne plus se consacrer qu’au pilotage. Il s’en suit une impressionnante série de succès dans les plus grandes épreuves : Lyon-Charbonnières, Le Mans, la Ronde Cévenole, le Tour Auto, la Corse, le Var. Des victoires qui atténuent un nouveau souvenir douloureux au Monte-Carlo, où Munari a exploité la déroute des Alpine pour imposer sa Lancia Fulvia : «J’aurais dû gagner avec Pierre Pagani, mais c’était la première fois qu’on courait ensemble. Pendant la concentration, qui durait trois jours et trois nuits, on avait souvent plusieurs heures d’avance aux contrôles et on avait le temps de discuter avec les amis. En arrivant à Monaco, à la dernière assistance, il me dit “ Jean-Claude, faut y aller ! ” Je pensais que l’assistance était à 500 mètres, en fait elle était à 4 km et la moyenne corniche était bloquée. On a pris deux minutes de pénalité. J’étais tellement écoeuré que je n’ai même pas reconnu la dernière nuit. Dans la Couillole, il y a eu un décalage dans les notes et j’ai tapé. J’aurais dû gagner facilement, si Cheinisse ne m’avait pas refusé les pneus à clous que je demandais au départ du Moulinon. Je voulais ces pneus-là car je savais qu’il allait neiger, mais Cheinisse s’est mis en colère et a tapé sur ma voiture en disant : “ Casse-toi ! ” Il m’a refusé les clous pour les monter derrière à mes copains, c’était quand même un peu gros ! Ce n’est pas normal, c’est le pilote qui doit être l’arbitre, c’est lui qui prend les risques et qui sait ce dont il a besoin en fonction de son pilotage. A cause de ça, j’ai perdu plus d’une minute dans le Moulinon.»

Un Burzet dantesque
Jean-Claude n’a manifestement pas digéré ce Monte-Carlo 72, et il entame la saison suivante avec un objectif, voire une obsession, remporter enfin cette épreuve avant de quitter Alpine pour Lancia : «A la fin de ma période Alpine, j’étais un peu écoeuré car je percevais beaucoup d’hypocrisie. Depuis que j’étais devenu pro comme les autres, il y avait des jalousies. Certains étaient frustrés et pensaient que j’étais avantagé… » Cette 42e édition est d’autant plus importante qu’elle inaugure le premier Championnat du monde des rallyes : « A l’époque, c’était le graal, le rallye où il y avait les plus grands pilotes et où les conditions étaient les plus difficiles. Une victoire y avait une valeur incomparable. »

Pour retrouver l’intégralité de l’article, achetez en ligne Echappement Classic n°30 sur hommell-magazines.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*